09 novembre 2005

Compagnie de l'Entreprise

Compagnie “L’entreprise”

 Metteur en scène François Cervantes

Recherche sur le clown à partir de l’ange

 Catherine Germain : Areletti

 A cette époque, nous ne parlions pas du "clown" mais de "l'ange". Il s'agissait d'une créature qui rêvait de s'incarner.

 Dans ce désir de venir au monde, de chuter sur la terre comme dans la trajectoire des anges, je n'imaginais pas être une femme, mais plutôt un être encore indéfini pour ne pas dire infini.

Désaprendre

Désaprendre

  Nous avons fait nos gammes en perdant nos habitudes. Il fallait nous désarmer pour devenir désarmants. Nous acceptions de toucher le fond, de descendre quelque part en nous, avec l'intuition d'y changer notre vie.

 Quand un acteur aborde cela, il touche en lui. une espèce de fondation qu'il ne connaît pas vraiment. Nous avons beaucoup travaillé sur l'immobilité, le silence, pour essayer d'aller chercher à l'intérieur.

La relation au public : proximité et distance

A la source de l’humanité

  Le clown est quelqu'un chargé de désirs, et ce désir demande à s'incarner ; comme les anges qui chutent sur terre, ils ont cette envie d'aller vers l'humanité ...mais comme un rêve. Cela semble venir du début des mondes, d'êtres qui ne sont pas encore corrompus, d'êtres à venir. I1 y a aussi de la sauvagerie.

Etrangeté et révélation

  Pour moi. le clown c'est un "je". C'est moi-même mais un "je" qui a une vraie étrangeté. Ce n'est pas moi entièrement. C'est moi et celle qui est encore inconnue. Je porte une étrangère et cette étrangère me révèle.

Etrangeté et révélation

  Dans le clown il y a cette démarche de d'inventer un être qui est la révélation de nous-mêmes. Il existe des liens philosophiques, métaphysiques, émotionnels dans le rapport à nous-mêmes

Nature organique

 En même temps il faut l'incarner. On est sur le fil, il ne faut pas conclure. Il faut s'engager, c'est toujours périlleux. Ce n'est jamais fini. C'est de l'ordre de la cellule, de la respiration, de l'organique.

Nature organique

 Le clown pour moi c'est ça : c'est l'être qui, lorsqu'il est dans la lumière, avec tous les sujets qui le traversent, n'est que question. Il n'est jamais réponse et c'est excitant. On ne sait jamais ce qu'il va penser, arriver, faire , provoquer... Ce n'est que la question qui passe dans le sang.

Nature organique

François Cervantes

 Il est avec son corps comme l'auteur est avec le langage. Pour lui, le corps, cet enchevêtrement de muscles de nerfs et de peau, c'est le langage, et mettre à jour le clown, c'est mettre à jour le poème incarné, la présence unique de ce corps, rendre lisible le poème écrit par la vie, inscrit dans le grand livre.

Devenir clown c’est devenir poème.

 Rouge de honte ou de colère, vert de jalousie, blanc de peur, bleu de froid, comme dans les tableaux de Munch ou de Gauguin : le clown prend la poésie au pied de la lettre.

 Cela demande sans doute de redescendre en dessous de tout ce qui a été appris et qui encombre, pour retourner aux gestes d'origine, pour que ce soit le désir qui agisse directement, qui prenne possession du corps.

Devenir clown c’est devenir poème.

 Comme dans l'écriture il ne s'agit pas d'inventer quelque chose de nouveau mais plutôt de fouiller en soi pour y trouver ce qui y était depuis toujours, enfoui.

 Comme l'enfant qui regarde un sculpteur finir un cheval et qui lui demande : comment savais-tu qu'il y avait un cheval caché dans la pierre ?

Posté par zambla à 16:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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