09 novembre 2005

Compagnie du Moment

Vincent Rouche et Anne Cornu

 Le Clown défi d’acteur, défi d’auteur

De quel clown s’agit-il ?

 Parce que nous tentons d'allier dans la recherche, l'essence du clown à la singularité de la personne, en retour, il nous permet de parler de nous.

De quel clown s’agit-il ?

 En lui, qui ne peut vivre que dans l'instant, sans aucun recul sur ce qui lui arrive, on peut lire « à livre ouvert ». Il sait accueillir l'échec, la douleur, faire resurgir la joie.

  “L'accident” , heureux ou malheureux, devient tremplin pour aller plus haut, plus loin.

Le langage du corps

La conscience du corps commence par la représentation que je m’en fais.

 Le corps, dans sa transparence, « trahit » nos sensations, nos sentiments, nos errances, par des signes que nous ne pouvons dissimuler.

Le langage du corps

La conscience du corps commence par la représentation que je m’en fais.

 Quand nous tentons de les « masquer », pour contrôler l'image, c'est le masque qui apparaît au monde extérieur, et c'est à cette information-là que le monde répondra….

Le langage du corps

La conscience du corps commence par la représentation que je m’en fais.

 Comment prendre conscience de ces signes, en faire nos alliés afin qu'ils deviennent source de jeu sur la scène ?

Le Choeur

 Jeu d’équilibre / déséquilibre du plateau se faisant dans la relation à l’espace et l’autre

 Cette approche permet de piéger les habitudes de comportement, de développer la concentration, la mémoire, en les soumettant à une série de contraintes.

 Cet exercice révèle très vite à l'acteur son rapport à la règle, à l'émotion, à l'espace, au temps, à l'autre, au public.

Ping-Pong

Mécanique d’improvisation

 Vers quoi nous entraîne un pas, qu'il soit fait dans une direction où dans l’autre ?

 Quelle signification ce déplacement a-t-il pour le partenaire, et quelle histoire, aussi simple soit-elle, va se tisser à partir de ces quelques signes ?

 Comment lire en l'autre les signes qu'il émet, lui répondre et ensemble créer.

Improvisation

 Qu’est-ce qui se raconte en moi et se dit malgré moi ? Comment, apprenant à repérer ce qui d’ordinaire m’échappe, puis-je m’en servir ?

Improvisation

 Découverte d’un temps : celui que je prends pour identifier la nature de ce qui surgit, pour explorer cet « insu » de moi-même, que souvent le public me révèle.

 Je l’étire et dans l'étrangeté de ce grotesque qui me surprend, je mets « mon clown » au présent.

Improvisation

 Dans le carcan des règles tout juste assimilées, l'émotion est puissante.

 Si je l'accueille, je constate alors que mon histoire se reconstruit au gré des images, des sensations qui me traversent. Ma pensée devient libre d'intervenir à tout moment pour sélectionner ou explorer un détail important.

Improvisation

  Quand l'émotion n'est plus une entrave, elle me connecte à une source vive, et la mémoire, dans l'intimité de l'instant, trouve sa propre logique, elle se nourrit de révélations immédiates.

Improvisation

 Je laisse le temps de l'écho en moi, en l'autre, à l'intérieur je pratique un « ralenti », je mène l'enquête, manie une « loupe » grossissante sur des détails qui n'ont l'air de rien : les mots surgissent et mon récit se structure au fil de mes émotions.

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

 On aborde la « technique clownesque » à travers différents exercices, tous très ludiques.

 Leurs règles strictes et complexes mettent en jeu une simultanéité de compétences d’ordinaire très cloisonnées qui obligent l’acteur à « lâcher prise » et l’amènent à découvrir dans son jeu, qu’il croyait « spontané » ou « naturel », bon nombre d’habitudes et de raideurs.

 

 L’acteur se rendra compte alors que plus il est précis, plus il est vif, plus il est transparent, plus les images viennent à lui, plus les émotions, le chant, la parole le traversent.

 Il devient « libre » d’oser puisqu’il peut tout avouer, en toute complicité avec le public.

 De cet aveu complice, en un éclat de rire l’acteur découvrira la légèreté et la créativité de son clown

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

 L’idée de « reconquérir » la spontanéité en passant par un carcan de règles peut sembler paradoxale de prime abord, c’est pourtant là la spécificité de la technique clownesque

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

 L’économie : tout fait signe et que tout ce qui parasite gêne la lisibilité.

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

 La précision : Désigner sa place, la prendre. Faire un choix, l’affirmer et s’y tenir.

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

 La simplicité : Choisir le chemin le plus direct, regarder avec tout le visage, être le plus clair possible dans les informations indispensables à la vision de l’ensemble.

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

 Le temps : se donner celui de l’émotion, de l’observation, du constat et de la réflexion, car dans la précipitation naît le trouble qui crée l’absence.

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

 L’éveil : Ne jamais s’enfermer ni dans l’action ni dans l’émotion, ni dans la parole, se tenir au courant et dans le courant de tout ce qui vit autour, sur le plateau, dans le public et de ce qui surgit dedans, sans perdre son cap.

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

 L’humilité : se laisser surprendre, accepter les découvertes, bonnes ou mauvaises, en faire le constat sans jugement de valeur, sans commentaires. Cette faculté donne au clown la force extraordinaire de libérer celui qui le regarde en même temps que lui-même.

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

 L’autonomie : En respectant la règle, jusqu’où peut-on en repousser les limites et introduire la notion de liberté au cœur même de la contrainte.

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

 La réflexion : Dès qu’elle est intégrée, apprendre à énoncer publiquement un point de vue personnel sur la règle, fait partie du jeu.

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

  vivacité : La vivacité du clown est animale, tous les sens sont en éveil. Toujours à l’affût, il signifie la présence, l’existence de tout ce qui vit autour de lui et donc de celui qui le regarde.

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

 La ténacité : Aller au bout de son idée pour en vérifier la valeur et donner à la suivante le temps de s’inscrire. : apprivoiser sa confiance.

La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité

 Le sens de l’observation : étirer ces petits riens qui en disent long. Il s’agit de voir. De s’observer comme s’il s’agissait d’un autre. Cela permet de traquer l’habitude, de « désapprendre », d’affronter l’inconnu de soi-même et de libérer l’imaginaire resté prisonnier de l’image que l’on se faisait de soi-même.

La distance par la règle

 Le caractère ludique des exercices permet de traverser ce moment — où l’exposition, « la mise à nu » peut être parfois douloureuse — en se tenant à juste distance, sans oublier qu’il s’agit d’un jeu, que rien n’est sérieux… sauf la règle.

 L’émotion peut surgir, elle est tout de suite utilisée comme une énergie qui peut propulser ailleurs et le « pathos » se trouve immédiatement mis en échec.

 

Posté par zambla à 16:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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