Lecture Clown
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Bonne Lecture
Michel
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Bonne Lecture
Michel
Henri Michaux
L’espace du dedans
Peintures
1944
Clown
Un jour.
Un jour, bientôt
peut-être.
Un jour j’arracherai
l’ancre qui tient mon navire loin des mers.
Avec la sorte de courage
qu’il faut pour être rien et rien que rien, je lâcherai ce qui paraissait
m’être indissolublement proche.
Je le trancherai, je le
renverserai, je le romprai,
je le ferai dégringoler.
D’un coup égorgeant ma
misérable pudeur,
mes misérables
combinaisons et enchaînements “de fil en aiguille”.
Vidé de l’abcès d’être
quelqu’un,
je boirai à nouveau
l’espace nourricier.
À coups de ridicules,
de déchéances
(qu’est-ce que la
déchéance ?),
par éclatement,
par vide,
par une totale
dissipation-dérision-purgation,
j’expulserai de moi la
forme qu’on croyait si bien attachée, composée, coordonnée,
assortie à mon entourage
et à mes semblables,
si dignes,
si dignes, mes
semblables.
Réduit à une humilité de
catastrophe,
à un nivellement parfait
comme après une intense trouille.
Ramené au-dessous de
toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle
idée-ambition m’avait fait déserter
Anéanti quant à la
hauteur,
quant à l’estime.
Perdu en un endroit
lointain
(ou même pas),
sans nom,
sans identité.
CLOWN, abattant dans la
risée, dans le grotesque,
dans l’esclaffement,
le sens que contre toute
lumière je m’étais fait de mon importance.
Je plongerai.
Sans bourse dans
l’infini-esprit sous-jacent ouvert à tous,
ouvert
moi-même à une nouvelle et incroyable rosée
à force
d’être nul
et ras…
et risible…
LE CLOWN
Au travers d’articles de la revue
Art et Thérapie
Le Bataclown
Crée
en 1980
par
Anne-Marie Bernard,
Jean-Bernard
Bonange
Bertil Sylvander
Le Bataclown
Spectacles
Formation
Clownanalyse
JEU DE CLOWNS
Anne-Marie
Bernard
Jean-Bernard Bonange
Structure de l’entretien:
Introduction:
Le bataclown et la thérapie
A la
recherche de son propre clown
Spécificités du travail de clown
Le
clown et le rire
Le
clown et l'échec
Le
clown et le conflit
Jouer
avec soi
Le clown et l'institution
Introduction
Pas d’intervention directe
dans le domaine de la thérapie, mais plutôt dans le domaine du développement
personnel.
Introduction
L’intervention de l’animateur se situe toujours à fois sur le registre personnel et celui du jeu du clown:
Chaque personne est
renvoyée à elle même dans ce travail.
Ce jeu est une forme
culturelle, théâtrale, qui a ses règles et qu’on peut analyser comme un champ
spécifique.
A la recherche de son propre clown ça veut dire quoi ?
Chacun a sa façon de jouer
le personnage, un archétype… … en
s’appuyant sur sa personnalité, son histoire.
A la recherche de son propre clown ça veut dire quoi ?
Le clown ce n’est pas
seulement quelqu’un qu’on a déjà vu, c’est aussi une façon d’être à laquelle on
s’essaye.
La spécificité par rapport au théâtre:
Le clown oriente son
histoire directement vers le public: ce qui se fait sur scène va se donner au
public.
La dimension émotionnelle et
affective est amplifiée
La spécificité par rapport au théâtre:
TOUT FAIT PARTIE DU JEU:
Si le langage est modifié
par l’émotion, si le jeu s'arrête parce
que le clown dit « ah non je ne peux pas continuer »
Ce n’est pas un jeu
psychologique: pas de logique psychologique entre les émotions.
Le clown et le rire
Essayer de donner aux personnes la
possibilité de trouver leur forme dans le rire. Le clown est là pour faire rire
fondamentalement.
Mais on se casse la gueule si on veut
faire rire à tout prix.
Le clown et le rire
Il embarque les gens sur ce qu’il
est, donc c’est au départ un contact, contact affectif avec le public.
Il faut d'abord qu’il joue juste,
c’est à dire sur ce qui est authentique en lui, sa gène, sa maladresse, mais
sans la provoquer, en la laissant venir.
Le Clown et l’échec
Le clown c’est le travail de l'impossibilité,
c’est celui qui n’arrive pas… échec sur soi.
Le clown c’est celui qui n’est pas beau, qui
ne se tient pas bien, qui ne réussit pas.
Le clown et le conflit
Le jeu à deux c’est surtout le
conflit entre les deux, si le conflit se résout ce n’est plus intéressant.
Ce qui va être difficile, dès qu’on
pose quelque chose qui est en déséquilibre… … c’est de ne pas le résoudre tout
de suite, de faire jouer ça, de voir tout ce qui peut se jouer là dedans.
Le clown et le conflit
Ca veut dire que les acteurs, eux,
doivent se comprendre très fort. Il faut qu’ils soient très à l’écoute l’un de
l’autre.
Jouer avec soi
(entre thérapie et jeu de clown)
Qu’est-ce qui fait soin ?
Ce n’est pas forcément ce qui va être
du domaine du maîtrisé, du conscient, du voulu. Ce qui va parler se trouve
plutôt dans tout ce qui va échapper…
Jouer avec soi
(entre thérapie et jeu de clown)
Exemple
Dispositif d’improvisation sous forme
d’interview:
Un animateur va poser des questions
au personnage.
Il l'emmène à raconter un certain
nombre de choses..
Jouer avec soi
(entre thérapie et jeu de clown)
Ça n’a rien à voir avec la vie de la
personne, mais sur ce terrain là, “hors réalité”, existe tout un matériau qui
apparaît et qui est mis en œuvre par l’acteur…
C’est un dispositif qui est riche sur
le plan de l’implication.
Le Clown et l’institution:
La clownanalyse : analyse institutionnelle
pratique d'intervention de clowns
dans les réunions de travail (congrès, colloques, assemblées professionnelles,
séminaires d'entreprise...)
De l’ordre du bouffons, du fou
du roi : celui qui se permet de dire beaucoup de choses tout haut que les
autres pensent tout bas.
Le Clown et l’institution:
La clownanalyse : analyse institutionnelle
… à partir de ce que l’on improvise
se trouvent catalysés les affects qui ont étés présentés... que les gens ont
vécu…
Le public reconnaît une lecture
possible de ce qui se passe dans le colloque…. Ce qui sort en improvisation n’a
pas été « programmé » ni même pensé mais sans doute profondément
ressenti.
Rechercher
son clown...
se trouver
soi même...
Par Bertil Sylvander
Bertil
Sylvander
Acteur-clown
Animateur (Bataclown)
Sociologue
Directeur de recherche à l'I.N.R.A.
1. Qui est le personnage du clown ?
2. Pourquoi et comment la recherche du clown
permet le développement de la personne ?
Introduction
En parlant de sa relation au clown:
“C’est pour mon plaisir que j’ai
entrepris, à un moment donné, de lui apprendre à nager: une nage qui lui soit
personnelle, qui lu permette, quand je le voudrais, de venir à la surface,
entre mes profondeurs et mon espace aérien...
A guider mon clown vers cela, je me
suis rendu compte que j’ai longtemps négligé les messages qu’il m’apportait des
fonds sous-marins.”
Qui est le
personnage du clown ?
Différenciation entre le clown et la
personne:
Le clown ➡ Sur scène devant le public.
La personne ➡ derrière le nez rouge . Donne vie au clown.
Qui est le
personnage du clown ?
Il éprouve et exprime des émotions fortes et
intenses.
Adhésion au plus près de ce qui se passe en
soi.
Qui est le
personnage du clown ?
Empathie à ce que vit la personne: “ils
collent au plus près d’eux même, il adhèrent à ce qui se passe en eux”
Empathie à ce qui l’entoure: “S’il a un bâton
en main, cela le poussera tout à coup à se rigidifier”
“Expérimenter pour lui même et pour le public
ce que peut être la vie intime de l’objet”
Qui est le
personnage du clown ?
“Le sentiment qu’il éprouve à ce moment est
pour lui ce qu’il y a de plus important, et ce que sera la seconde d’après ne le
préoccupe pas”.
“Coller au présent lui permettra simplement
de vivre ses émotions”.
Qui est le
personnage du clown ?
“Le clown n’est pas sur une scène mythique”
“Il est ici avec le public dans la salle”
“Le clown a un rapport très concret avec le
monde”
“C’est son originalité par rapport au
théâtre”
Qui est le
personnage du clown ?
“Ce monde qu’il construit devant nous, il ne
veut pas que nous y croyions vraiment, parce que lui même n’y croit qu’à
moitié... et même disons-le, il n’y croit pas du tout (Ce a quoi nous devons
croire c’est à la manière dont il vit cette
construction fragile.)”
Qui est le
personnage du clown ?
“Il est à la fois dans la réalité et dans
l’imaginaire”
“Le clown trouve sa solution pour que son
délire ne le précipite pas dans le vide qui borde à tout moment sa route”
Qui est le
personnage du clown ?
“...lorsque les sentiments qui envahissent le
clown et qu’il génère autour de lui deviennent trop prégnants, il prendra la
liberté d’en jouer, de s’en amuser. C’est entre autres, cette rupture qui
provoque le soulagement et le rire du public, car elle dédramatise une
situation tendue, elle exorcise le tragique.
(Notons que que la personne qui est derrière le nez se trouve, elle aussi, du
même coup soulagée.)”
Qui est le
personnage du clown ?
“Tous ces fils : - grand affectif - rupture,
dérapages - délire -réalité concrète - seconde présente - excès et démesure - caractère emphatique - , attachés l’un à côté de l’autre constituent un
ensemble indissociable: la trame du personnage du clown.
Qui est le
personnage du clown ?
Sur cette trame de fond chaque personne
pourra tisser par son expression propre son personnage unique. (Bien entendu ce
personnage évoluera au fur et à mesure que la personne y trouvera du sens et se
rapprochera d’elle même vers la création de soi)”.
Qui est le
personnage du clown ?
“ Le clown est avant tout, et
fondamentalement, un personnage faible et vulnérable. (C’est la qu’il puisera
sa force.) Alors que la société attend de lui qu’il soit beau, intelligent,
maître de ses émotions et et plein de succès dans ses entreprises, le clown n’a
pas honte de montrer ses infirmité physiques, sa simplicité d’esprit, le
émotion incontrôlées qui le submergent.”
“Il nous sécurise (et sécurise la personne en
lui) , car il détruit le mythe de l’image superficielle et instaure le droit
d’être soi même.”
Pourquoi et
comment la recherche du clown permet le développement de la personne ?
“La recherche de son clown est d’abord un
travail d’expression de la personne.”
“Découvrir en soi un personnage de
clown aussi unique que la personne est unique.
Pourquoi et
comment la recherche du clown permet le développement de la personne ?
“L’expression personnelle nécessite que
soient créées les conditions qui permettent de lever le inhibitions : les
conditions de jeu.
“Il est acqui que ce qui est exprimé a une
valeur en soi, brute, par le simple fait que c’est exprimé.”
Winnicott (Jeu et réalité): “C’est en jouant,
et seulement en jouant que l’individu est capable d’être créatif”.
Donald Woods Winnicott
(1896 à Plymouth, Angleterre)- 28 janvier 1971) était un médecin, pédiatre et
psychanalyste anglais.
Outre une pratique
clinique enthousiaste de son métier dont il témoigne dans de nombreux ouvrages,
on doit également à Winnicott d'importantes notions telles que celle d'objet
transitionnel.
Pourquoi et
comment la recherche du clown permet le développement de la personne ?
Abandonner d’une part, le stéréotypes du clown
véhiculés par la culture de masse et d’autre part, laisser progressivement de
côté l’image faussement valorisante que l’on se fait souvent de soi même en
commençant le travail.
Guy Lafargue (créateur du musée d’art cru en
1984) : “Le travail psychotérapeutique vise à reconnaître au symptome sa valeur
de langue et sa valeur créatrice, mais de telle façon que le sujet puisse le
ressentir comme un effet de créativité... Instaurer un espace de création c’est
donner au sujet la possibilité d’explorer un territoire où il se détourne, sans
s’en appercevoir, dans une activité hautement structurante de construction
progressive de sens.”
Pourquoi et
comment la recherche du clown permet le développement de la personne ?
“Nous valorisons beaucoup l’improvisation, et
donnons au corps beaucoup d’importance. Dans la mesure où son langage spontané
est en général moins bien maîtrisé que celui de la parole, il exprime plus
facilement l’autenticité de la personne pour peu que celle-ci accepte de se
laisser aller.”
Pourquoi et
comment la recherche du clown permet le développement de la personne ?
Une stagiaire: “Je croyais que mon clown,
c’était l’envers de moi même qui me cacherait à la vue des autres. Je vois au
contraire qu’il me révèle au grand jour et j’en suis étonnée.”
“Tous ces clowns nous racontent les
souffrances des personnes qui se trouvent derrière le nez rouge. La simple
prise de conscience de cela est déjà de l’ordre de la thérapie.”
Pourquoi et
comment la recherche du clown permet le développement de la personne ?
Le clown ne part pas tous azimuts dans toutes
les images qui lui viennent. Son délire est sytématisé. (On pourrait dire :
scénique.)
La valeur thérapeutique du clown ne se limite
pas à la révélation ponctuelle de telle ou telle émotion ou de telle image,
mais aussi dans le fait qu’elle se trouve structurée dans une logique propre à
la personne qui aidera son personnage à se révéler non pas seulement dans son
émotivité mais aussi dans l’action dramatique. (Le symptome réside autant dans
la manière de l’organiser que dans l’expression brute. Cocteau : "Puisque tous ces
mystères nous échappent, feignons d'en être les organisateurs.")
Pourquoi et
comment la recherche du clown permet le développement de la personne ?
“La grande difficulté et pourtant le passage
obligé du travail d’improvisation se trouve dans la nécessaire prise de
conscience de ce qui se passe dans cet instant. La confrontation à cette épreuve est souvent porteuse d’une
angoisse qui inhibe l’expression.”
“La personne a peur de cette situation. Le clown
joue cette peur (et avec elle) ; Elle éprouve du plaisir d’être là, il montre
ce plaisir ; Elle “ne sait pas quoi faire”, sans pour autant en être inquiète,
le clown montre avec son corps, sa voix, son jeu comment il vit qu’elle ne sait
pas quoi faire, et du coup il fera. Exprimer le vide c’est déjà exprimer
quelque chose.”
Pourquoi et
comment la recherche du clown permet le développement de la personne ?
Pas de jugement (des autres et de chacun sur
soi même).
Pas de comparaison.
Pas d’essai systématique de compréhension
intellectuelle de ce qui se passe.
Ce qui s’exprime ne peut faire l’objet
d’analyse ou d’interprétation que si la personne en manifeste clairement le
désir.
Pourquoi et
comment la recherche du clown permet le développement de la personne ?
“Un évènement infime peut devenir la trame de
toute une improvisation... Si on est attentif à son corps au lieu de le
négliger, les émotions et les images viennent tout naturellement. Un geste
esquissé spontanément, si on se fait confiance n’a pas besoin d’avoir
immédiatement une signification. Laissons le se développer, soyons réceptifs à
ce qu’il nous dit. L’émotion et le sens viendront de surcroît.”
Pourquoi et
comment la recherche du clown permet le développement de la personne ?
“Technique de mise en scène corporelle du
rêve, où chaque élément représente une partie disjointe de la personne... L’émotion
que peut que chaque partie du moi peut ressentir dans la situation.”
“Le fait que le clown vit la réalité
concrète, perceptible par tous autour de lui. En restant ici, il ne peut
biaiser avec la réalité de ce qu’il vit.”
“L’exigence de l’improvisation dans l’ici et maintenant
suffit à définir cet effet thérapeutique”
Pourquoi et comment la
recherche du clown permet le développement de la personne ?
“... la personne fait naître en elle et autour
de l’émotion.... Mais dans le même temps s’impose à elle la technique du jeu de
clown, qui la confronte à la réalité : la scène, l’improvisation, les autres...
et surtout le fait essentiel, qu’il s’agit d’un jeu. C’est cette confrontation
(à... la loi du père ?) qui donne limite à son délire et le sauve.”
Pourquoi et comment la
recherche du clown permet le développement de la personne ?
“ Tout ceci m’incite à penser que ce moule de l’expression artistique, c’est,
en improvisation clownesque, la limite imposée par le jeu théâtral, qui
s’exprime, entre autre par la la rupture et la prise de distance. Elle sécurise
la personne qui s'autorise d’autant plus à s’exprimer qu’elle pourra jouer avec
ses symptômes par ce moyen. (Et avec un grand plaisir, ce qui n’est pas
négligeable).”
Pourquoi et comment la
recherche du clown permet le développement de la personne ?
“C’est en puisant dans ses faiblesses que le
clown devient fort. il en est de même pour la personne. Par son acceptation et
la jouissance qu’il en tire (et qu’il procure au public), le clown aide la
personne qui est derrière le nez rouge à progressivement se créer soi même en
créant ses symptômes.”
Une
présence vulnérable qui gai-rit
clown relationnel / clownthérapie
Christian
Moffarts
Clown-Thérapeute,
créateur du clown relationnelⓇ et des ateliers de
clown thérapie, institut du clown relationnel et de la clown thérapie.
Une double
activité:
clown relationnel: relation de jeu entre
un clown et une personne en soin.
Clownthérapie : formation au clown dans
une optique de développement personnel.
Spécificité
de la présence du clown
Eclairer, au travers de ces deux
démarches, les particularités de cette présence à soi / présence à l’autre.
Comment cette présence agit dans le sens
du soin ?
Le
parcours de Moffarts
Formation clown depuis 1975
Après avoir suivi une formation
d’histoire de l’art.
Psychanalyse depuis 1977
Il fait des liens entre l’écriture
automatiques des surréalistes et sa difficulté à parler en séance: expérience
de l’angoisse.
Rencontre
avec l’inconnu
Progressivement, il privilégie de plus en
plus la rencontre avec l’inconnu de soi / de l’autre.
L’état de clown: paradoxe entre lacher
prise et conscience, il implique de se rendre disponible pour les surprises de
la rencontre avec nous / avec l’autre.
Rencontre
avec des enfants autistes - 1978
Il doit abandonner le spectacle préparé
pour improviser avec chaque enfant successivement.
Dans cet état de clown il perçoit sa part
d’angoisse et la leur.
Il sent qu’il a “pris” leur peur mais un
cran plus bas que la leur.
Avec des
enfants hospitalisés
En 1984 il rencontre Françoise Camus,
infirmière dans une intitution psychiatrique : ils créen le clown relationnel.
Le clown
hors du monde du spectacle
L’engagement dans la pratique du soin
leur impose de structurer les bases théoriques de leur travail : recherches
historiques et anthropologiques.
Le clown a existé hors du champs du spectacle
au travers des ages et des cultures
Découvertes des clowns rituels et de leur
fonction socio-thérapeutique
L’image du
corps archaique
Pourquoi la présence du clown “parle” au
enfants et aux personnes différentes qui le reconnaissent comme un de leur
proche.
Etude comparative de Françoise Dolto sur
le clown et le mime : seul le clown a un impact profond et immédiat sur eux.
L’image du
corps archaique
Pourquoi la présence du clown “parle” au
enfants et aux personnes différentes qui le reconnaissent comme un de leur
proche.
Françoise
Dolto
Françoise Dolto (1908-1988) médecin
pédiatre et psychanalyste française célèbre pour ses découvertes en
psychanalyse de l'enfance.
Elle participa avec Jacques Lacan à la
création de l'École Freudienne de Paris.
Françoise
Dolto
* Psychanalyse et pédiatrie, 1971
* Cas Dominique, 1971
* La Cause des enfants, éd. Robert Laffont, Paris, 1985.
* Lorsque l'enfant paraît, éd. du Seuil, Paris, 1990.
* Autoportrait d'une psychanalyste, éd. du Seuil, Paris, 1989.
* Paroles d’adolescents ou le complexe du Homard, éd. Hattier, 1989.
* La Difficulté de vivre, éd. Gallimard, Paris, 1995.
* Tout est langage, éd. Gallimard, Paris, 1995.
Le clown
relationnel
Orienté
sur le soin relationnel
Pratiqué par les soignants et autre
professionnels des secteurs éducatifs et thérapeutiques (250 praticiens).
Objectif: prévenir et accompagner les
souffrances morales des patients ou résidents
Le clown
relationnel
Orienté
sur le soin relationnel
Pour les personnes hospitalisées
Les personnes âgées
Les adultes et enfants différents:
Handicap, polyhandicap, maladie mentale,
autisme...
Le clown
relationnel
Orienté
sur le soin relationnel
“art du contact et de l’accompagnement”
Prendre “le temps d’être présent, ouvert
en vulnérabilité, disponible pour les surprises et la rencontre.
Être en
état de clown
Stanislavski: “il ne s’agit pas de jouer
un personnage comme dans la comédie où le drame”
“Se laisser posséder par un double”
Etat corps/ coeur / en état de jeu, de
présence à soi / à l’autre, ici et maintenant, incarné et présent dans tout le
corps.
Fondements
:
Elements
constitutif du clown
Ici et maintenant.
Posture de base de l’Auguste - centré
dans le bassin.
La position basse : c’est l’autre qui
sait
L’état de jeu - Winnicott
L’irrespect fraternel et les registres de
la communication paradoxale.
L’empathie corporelle et ludique. 5 sens.
Présence
vulnérable
Vulnus : la blessure
Les mythes et rituels des sociétés
traditionnelles pour éclairer le cheminement personnel: mythe d’Asclépios: seul
le soignant blessé peut guérir - maladie initiatique pour les chamanes
Se
dé-couvrir par la voie clown
Le nez comme masque et révélateur :
“laisser tomber nos masques et jouer avec eux”
Avec le clown c’est quand ça rate que ça
commence à “réussir”.
Nos peurs,
nos “en-vies” endormies
Laisser les peur s’exprimer pour jouer
avec elles.
Les peurs comme des feux clignotant
ouverts sur des envies endormies
Jouer ce qui nous joue - dédramatiser
Quand le
clown gai-rit ?
Objectif de la démarche: “Puissè-je être une plaie souriante”.
Dédramatisation, recadrage, joie et plaisirs partagés : des moments
réparateurs tant pour les patients, les résident et leur proches que pour les
professionnels.
Vincent Rouche et Anne Cornu
Le Clown défi d’acteur, défi
d’auteur
De quel clown s’agit-il ?
Parce que nous tentons d'allier
dans la recherche, l'essence du clown à la singularité de la personne, en
retour, il nous permet de parler de nous.
De quel clown s’agit-il ?
En lui, qui ne peut vivre que
dans l'instant, sans aucun recul sur ce qui lui arrive, on peut lire « à
livre ouvert ». Il sait accueillir l'échec, la douleur, faire resurgir la
joie.
“L'accident” , heureux ou
malheureux, devient tremplin pour aller plus haut, plus loin.
Le langage du corps
La conscience du corps commence par la représentation que je m’en fais.
Le corps, dans sa transparence,
« trahit » nos sensations, nos sentiments, nos errances, par des signes
que nous ne pouvons dissimuler.
Le langage du corps
La conscience du corps commence par la représentation que je m’en fais.
Quand nous tentons de les
« masquer », pour contrôler l'image, c'est le masque qui apparaît
au monde extérieur, et c'est à cette information-là que le monde répondra….
Le langage du corps
La conscience du corps commence par la représentation que je m’en fais.
Comment prendre conscience de ces
signes, en faire nos alliés afin qu'ils deviennent source de jeu sur la
scène ?
Le Choeur
Jeu d’équilibre / déséquilibre du
plateau se faisant dans la relation à l’espace et l’autre
Cette approche permet de piéger
les habitudes de comportement, de développer la concentration, la mémoire,
en les soumettant à une série de contraintes.
Cet exercice révèle très vite à
l'acteur son rapport à la règle, à l'émotion, à l'espace, au temps, à
l'autre, au public.
Ping-Pong
Mécanique d’improvisation
Vers quoi nous entraîne un pas,
qu'il soit fait dans une direction où dans l’autre ?
Quelle signification
ce déplacement a-t-il pour le partenaire, et quelle histoire, aussi simple
soit-elle, va se tisser à partir de ces quelques signes ?
Comment lire en l'autre les
signes qu'il émet, lui répondre et ensemble créer.
Improvisation
Qu’est-ce qui se raconte en moi
et se dit malgré moi ? Comment, apprenant à repérer ce qui d’ordinaire
m’échappe, puis-je m’en servir ?
Improvisation
Découverte d’un temps :
celui que je prends pour identifier la nature de ce qui surgit, pour explorer
cet « insu » de moi-même, que souvent le public me révèle.
Je l’étire et dans l'étrangeté de
ce grotesque qui me surprend, je mets « mon clown » au présent.
Improvisation
Dans le carcan des règles tout
juste assimilées, l'émotion est puissante.
Si je l'accueille, je constate
alors que mon histoire se reconstruit au gré des images, des sensations qui me
traversent. Ma pensée devient libre d'intervenir à tout moment pour
sélectionner ou explorer un détail important.
Improvisation
Quand l'émotion n'est plus une entrave, elle
me connecte à une source vive, et la mémoire, dans l'intimité de l'instant,
trouve sa propre logique, elle se nourrit de révélations immédiates.
Improvisation
Je laisse le temps de l'écho en
moi, en l'autre, à l'intérieur je pratique un « ralenti », je mène
l'enquête, manie une « loupe » grossissante sur des détails qui n'ont
l'air de rien : les mots surgissent et mon récit se structure au fil de mes
émotions.
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
On aborde la « technique
clownesque » à travers différents exercices, tous très ludiques.
Leurs règles strictes et
complexes mettent en jeu une simultanéité de compétences d’ordinaire très
cloisonnées qui obligent l’acteur à « lâcher prise » et l’amènent à découvrir
dans son jeu, qu’il croyait « spontané » ou « naturel »,
bon nombre d’habitudes et de raideurs.
L’acteur se rendra compte alors
que plus il est précis, plus il est vif, plus il est transparent, plus les images
viennent à lui, plus les émotions, le chant, la parole le traversent.
Il devient « libre » d’oser
puisqu’il peut tout avouer, en toute complicité avec le public.
De cet aveu complice, en un
éclat de rire l’acteur découvrira la
légèreté et la créativité de son clown
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
L’idée de « reconquérir »
la spontanéité en passant par un carcan de règles peut sembler paradoxale de
prime abord, c’est pourtant là la spécificité de la technique clownesque
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
L’économie : tout fait signe et que
tout ce qui parasite gêne la lisibilité.
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
La précision : Désigner sa place,
la prendre. Faire un choix, l’affirmer et s’y tenir.
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
La simplicité : Choisir le chemin
le plus direct, regarder avec tout le visage, être le plus clair possible dans
les informations indispensables à la vision de l’ensemble.
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
Le temps : se donner celui de
l’émotion, de l’observation, du constat et de la réflexion, car dans la
précipitation naît le trouble qui crée l’absence.
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
L’éveil : Ne jamais s’enfermer ni
dans l’action ni dans l’émotion, ni dans la parole, se tenir au courant et dans le courant de tout
ce qui vit autour, sur le plateau, dans le public et de ce qui surgit dedans,
sans perdre son cap.
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
L’humilité : se laisser
surprendre, accepter les découvertes, bonnes ou mauvaises, en faire le constat sans
jugement de valeur, sans commentaires. Cette faculté donne au clown la
force extraordinaire de libérer celui qui le regarde en même temps que
lui-même.
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
L’autonomie : En respectant la
règle, jusqu’où peut-on en repousser les limites et introduire la notion
de liberté au cœur même de la contrainte.
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
La réflexion : Dès qu’elle est
intégrée, apprendre à énoncer publiquement un point de vue personnel sur la
règle, fait partie du jeu.
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
vivacité : La vivacité du clown est animale,
tous les sens sont en éveil. Toujours à l’affût, il signifie la présence,
l’existence de tout ce qui vit autour de lui et donc de celui qui le regarde.
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
La ténacité : Aller au bout de
son idée pour en vérifier la valeur et donner à la suivante le temps de
s’inscrire. : apprivoiser sa confiance.
La technique clownesque ou l'art de reconquérir la spontanéité
Le sens de l’observation : étirer
ces petits riens qui en disent long. Il s’agit de voir. De s’observer
comme s’il s’agissait d’un autre. Cela permet de traquer l’habitude, de « désapprendre »,
d’affronter l’inconnu de soi-même et de libérer l’imaginaire resté prisonnier
de l’image que l’on se faisait de soi-même.
La distance par la règle
Le caractère ludique des
exercices permet de traverser ce moment — où l’exposition, « la mise à
nu » peut être parfois douloureuse — en se tenant à juste distance, sans
oublier qu’il s’agit d’un jeu, que rien n’est sérieux… sauf la règle.
L’émotion
peut surgir, elle est tout de suite utilisée comme une énergie qui peut
propulser ailleurs et le « pathos » se trouve immédiatement mis
en échec.
Compagnie “L’entreprise”
Metteur en scène François
Cervantes
Recherche sur le clown à partir de l’ange
Catherine Germain : Areletti
A cette époque, nous ne parlions pas du "clown"
mais de "l'ange". Il s'agissait d'une créature qui rêvait de s'incarner.
Dans ce désir de venir au monde, de chuter sur la terre comme
dans la trajectoire des anges, je n'imaginais pas
être une femme, mais plutôt un être encore indéfini pour ne pas dire infini.
Désaprendre
Désaprendre
Nous avons fait nos gammes en perdant nos
habitudes. Il fallait nous désarmer pour devenir
désarmants. Nous acceptions de toucher le fond, de descendre quelque part en nous, avec l'intuition d'y changer notre
vie.
Quand un acteur aborde cela, il
touche en lui. une espèce de fondation qu'il ne connaît
pas vraiment. Nous avons beaucoup travaillé sur l'immobilité, le
silence, pour essayer d'aller chercher à l'intérieur.
La relation au public : proximité et distance
A la source de l’humanité
Le clown est quelqu'un chargé de désirs, et ce
désir demande à s'incarner ; comme les
anges qui chutent sur terre, ils ont cette envie d'aller vers l'humanité
...mais comme un rêve. Cela semble venir du début des mondes, d'êtres qui ne
sont pas encore corrompus, d'êtres à venir. I1 y a aussi de la sauvagerie.
Etrangeté et révélation
Pour moi. le clown c'est un "je". C'est
moi-même mais un "je" qui a une vraie étrangeté. Ce n'est pas moi
entièrement. C'est moi et celle qui est encore inconnue. Je porte une étrangère
et cette étrangère me révèle.
Etrangeté et révélation
Dans le clown il y a cette démarche de d'inventer
un être qui est la révélation de nous-mêmes. Il existe des liens
philosophiques, métaphysiques, émotionnels dans le rapport à nous-mêmes
Nature
organique
En même temps il faut l'incarner. On est sur le fil, il ne faut pas
conclure. Il faut s'engager, c'est toujours périlleux. Ce n'est jamais fini. C'est de l'ordre de la cellule, de la respiration,
de l'organique.
Nature
organique
Le
clown pour moi c'est ça : c'est l'être qui,
lorsqu'il est dans la lumière, avec tous les sujets qui le traversent, n'est que question. Il n'est jamais réponse et c'est
excitant. On ne sait jamais ce qu'il va penser, arriver, faire ,
provoquer... Ce n'est que la question qui passe
dans le sang.
Nature organique
François Cervantes
Il est avec son corps comme
l'auteur est avec le langage. Pour lui, le corps, cet enchevêtrement de muscles
de nerfs et de peau, c'est le langage, et mettre à jour le clown, c'est mettre
à jour le poème incarné, la présence unique de ce corps, rendre lisible le
poème écrit par la vie, inscrit dans le grand livre.
Devenir clown c’est devenir poème.
Rouge de honte ou de colère, vert de
jalousie, blanc de peur, bleu de froid, comme dans
les tableaux de Munch ou de Gauguin : le clown prend la poésie au pied de la
lettre.
Cela demande sans doute de redescendre en
dessous de tout ce qui a été appris et qui encombre, pour retourner aux gestes
d'origine, pour que ce soit le désir qui agisse directement, qui prenne
possession du corps.
Devenir clown c’est devenir poème.
Comme dans l'écriture il ne
s'agit pas d'inventer quelque chose de nouveau mais plutôt de fouiller en
soi pour y trouver ce qui y était depuis toujours, enfoui.
Comme l'enfant qui regarde un
sculpteur finir un cheval et qui lui demande : comment savais-tu qu'il y avait
un cheval caché dans la pierre ?
L’improvisation en clown théâtre
Par Bertil Sylvander
“L’improvisation est pour nous une activité
centrale, dans notre travail, parce qu’elle se situe exactement à l’interface
entre la création théâtrale et le développement personnel”
Qu’est ce qu’improviser ?
Il s’agit de s’efforcer de faire naître,
sur scène, et sans aucune préparation, une création personnelle qui ait des
qualités scéniques comparables à celles d’un spectacle achevé.
“L’exigeance première de l’improvisation
est de sentir et agir juste... la technique n’arrive qu’en second plan.”
“L’improvisation ça ne s’improvise pas” (L. Jouvet)
“Avant d’improviser, l’acteur doit se
sentir à la fois libre et disponible envers “ce qui va advenir”.
“Le vide sert précisément à accueillir
l’étrangeté qui va se manifester.”
“La volonté n’est pas abolie, c’est le
volontarisme qui doit l’être.”
L’acteur doit être capable de percevoir
tous les frémissement de son être et de son environnement.
Adhérer à
soi même
Mettre en
jeu avec le clown ce qui se vit pour la personne pendant l’improvisation.
Exemple de parcours: l’acteur entre en
scène, longe le mur, puis le longe dans l’autre sens, s'arrête, se détache du
mur, vient se placer au centre du plateau, fait demi tour et ressort.
dhérer à soi même
Mettre en jeu avec le clown ce qui se vit pour la personne pendant
l’improvisation.
Le parcours vécu de l’acteur: “J’ai peur. Je
fais comme dans les films quand on a peur, je longe les murs. Oui, mais si je
continue je vais aller dans le public. Ce n’est pas possible. Demi-tour, mais
je reviens déjà vers la sortie. Je ne peut sortir immédiatement, car sinon
l’exercice est raté. Donc quittons ce mur. Flûte me voici au milieu... il ne se
passe rien. Tant pis partons
Adherer à
soi même
Mettre en
jeu avec le clown ce qui se vit pour la personne pendant l’improvisation.
On voit bien, exprimé comme cela, qu’il
s’est passé sur scène bien plus que ce que l’acteur n’a donné à voir.
Aimer son imaginaire
“Beaucoup de gens prétendent “ne pas avoir
d’imaginaire”. Là, c’est presque pareil que de censurer ses images, la censure
se fait plus en amont.”
Le grand ciseaux veillent au grain pour
nous couper de notre imaginaire.
A ce syndrome insupportable nous réagissons
en essayant de faire ressentir à nos élèves qu’ils n’ont pas le droit de porter
de jugement à priori sur les images que voient les clowns
Le corps...
Le but est de rendre toute son importance
aux messages que nous envoie inlassablement notre corps. Une démarche, un
rythme, l’agitation d’une main, un pied qui piétine, un soupir : tout est
prétexte à l’improvisation. Il suffit de le voir et de le valoriser.
En tant qu’animateurs, il nous arrive
souvent de renseigner les acteur sur ce que leur corps est entrain de faire.
Quand je me limite à faire observer à
l’acteur que son corps vient de se tasser sur lui même, il s'aperçoit que c’est
bien un sentiment de lassitude qui l’habite et la conscience de son corps en
décuple encore l’intensité.
... et la voix
Notre voix a d’immense possibilités
expressives et porte la trace de nos souvenirs émotionnels, de notre
imaginaire...
Parfois une voix se fait jour, au cours
d’une impro, et nous ne la remarquons même pas, car nous n’avons pas à coeur de
l’exprimer pour elle même, dans toute sa force et avec la conscience du message
qu’elle nous envoie.
En attirant notre attention sur ce
glissement, nous aidons les acteurs à identifier le parcours qu’ils ont
effectué.
Parole et paroles
En impro, c’est l’émotion qui fait naître
la parole. Celle-ci en est le prolongement, jamais le substitut.
L’écoute de sa propre parole passe aussi
par l’écoute des accidents de cette parole que sont les lapsus.
La pesanteur salvatrice de la réalité.
L’acteur improvise sur un espace scénique. Son
imaginaire pourra l’amener créer un autre lieu, mais le monde sensible
continuera d’exister et il entrera dans une relation forte avec lui.
Ce monde sensible aura pour propriété
d’être incontournable.
La pesanteur salvatrice de la réalité.
Cette pesanteur de la réalité est en fait
salvatrice, car elle l’oblige à se placer et sans tricher dans le monde de
l’impro.
Souvent, l’angoisse, le manque
d’expérience, le syndrôme autistique de l’acteur font qu’il ne voit pas ou
n’entend pas les choses les plus manifestes. Ce phénomène est très étonant et
montre combien il est difficile d’être présent et disponible, à la scène comme
à la ville.
Le Public : miroir et énergie
En théâtre clown, les personnages regardent
directement le public, peuvent lui donner à voir leurs états d’âme, peuvent le
prendre à témoin de leur évolution...
C’est un regard ouvert et généreux: “Voici
ce que je ressens...”
Le Public : miroir et énergie
On s'aperçoit que le public est un
partenaire d’une richesse inouïe quand on sait l’écouter.
Le public se projette en permanence sur ce
qui est représenté : il a donné aux acteur procuration pour vivre à sa place.
Le Public : miroir et énergie
Nous, public, nous sommes pour l’acteur un
miroir concentré, qui amplifie tout ce qui se passe pour lui.
Notre réserve d’énergie aide l’acteur a
identifier ce qui est entrain de se jouer.
Faire exister le personnage
Les principales règles de l’improvisation:
trois axes:
Le jeu du personnage
Le cheminement
La lisibilité
Comment jouer le personnage ?
L’improvisateur doit d’abord apprendre à
jouer avec son émotion. (On joue donc d’être en colère, pas à être en colère.)
La technique vise à “faire mousser”
l’émotion : la voix l’exprime ainsi que le corps, ce qui la renforce.
Comment jouer le personnage ?
L’émotion et l’imaginaire existent au sein
du jeu. C’est à dire qu’ils ne sont pas donnés à voir de manière brute, mais à
travers le filtre de la transposition.
Le clown ne vient pas improviser. Lui, il
vit tout simplement, et il vient continuer un bout de tranche de vie sous nos
yeux, avant de retourner vivre ailleurs.
Comment jouer le personnage ?
Le clown n’a pas un nez rouge sur son nez, c’est l’acteur qui est dans ce
cas. Si le clown dit qu’il a chaussé un nez ou s’il l’enlève sur scène, il
disparaît ausitôt.
L’impro chemine pas à pas
Le public voit tout, entend tout, sait tout
! Il est donc impossible de revenir en arrière. Chaque point est de non retour.
Si l’on voit deux personnages plantés l’un
à côté de l’autre à discuter on s’ennuie... on pousse les acteurs à poser
l’acte qui se déduit de leur état affectif et/ou de l’imaginaire évoqué.
Bâtir une intrigue
On en vient dans un deuxième temps à se
poser la question de l’histoire que l’on raconte.
Il y a la contradiction entre la nécessité
d’approfondir et la manie du clown à déraper.
Le contrat de jeu
L’improvisation présente une autre
difficulté : la nécessité de l’écoute.
La clef : on passe un contrat de jeu. Dès
qu’un des deux acteurs fait une proposition elle doit être entendue et jouée
(sinon acceptée) par l’autre.
Le contrat de jeu
C’est là une discipline qui n’est limitante
qu’en apparence : si chaque délire est fort, leur choc, issu de cette règle
sera prodigieux.
On n’a pas à “faire de cadeaux” au
partenaire. Rester fidèle à soi même tout en restant à l’écoute.
Bien jouer c’est valoriser l’autre autant
que soi même.
L’espace et le temps ne sont plus les mêmes
Des “mouvement parasites” perturbent
l’attention du public et et surtout l’expression de l’acteur, qui fuit son
angoisse par ce moyen. On s'aperçoit que lorsqu’on lui demande de se “fixer”,
il dit ou fait des choses essentielles dont il avait peur.
Le jeu : dix secondes “tigre”
Avant de franchir la porte qui va sur
scène, on a l’impression qu’on va y jouer sa vie et d’une certaine manière, on
a raison, car c’est un peu de cela dont il s’agit. Après une impro réussie, on
a l’impression d’avoir vécu mille fois plus intensément que d’habitude.
Le jeu : dix secondes “tigre”
Comme écrivait Michaux, à propos de la
manière dont il devinait que les animaux devaient vivre l’instant: “Qui peut se
vanter d’avoir vécu, dans sa vie au moins dix seconde tigre ?”.
Spontanéité et rigueur
L’angoisse liée à l’improvisation est liée
d’une part à l’inconnu, d’autre part à la difficulté de gérer simultanément les
mouvements contradictoires que sont les impulsions et le “bien” faire : se
laisser jouer et se surveiller, combiner la liberté et le contrôle, la
spontanéité et la rigueur. Il en vient aux concepts de jeu formulés par Roger
Caillois.
Roger Caillois
Né le 3 mars 1913, mort le 21 décembre
1978, était un écrivain, sociologue et critique littéraire français.
Etre bien d'autres choses, il s'est
interrogé sur la sympathie qui paraît régner entre les formes complexes du
monde minéral et les figures de l'imaginaire humain. Il a écrit Le fleuve
Alphée et L'écriture des pierres qui explorent cette relation.
Paida et Ludus
Le jeu s’étire entre deux pôles:
1 - Paida - Débridé et sans règles.
2 - Ludus - Codifié avec des règles
Nous refusons, dans notre travail
de mettre sur le même plan la créativité et la technique. Nous favorisons la
créativité.
Pourquoi sort-t-on de l’état de jeu ?
Problèmes de disponibilité - Paida
Problème Technique - Ludus
Pourquoi
sort-t-on de l’état de jeu ?
PAIDA
On peut ne pas être disponible à cause de
ce qu’on croit qu’il faut jouer (pression culturelle) - Il arrive souvent que
les acteurs jouent sur la base de stéréotypes. Celui qui revient souvent est
bien sûr celui du clown (clown triste, clown de cirque, petit personnage).
Pourquoi
sort-t-on de l’état de jeu ?
PAIDA
On sort du jeu aussi à cause de ce qu’on a
peur de jouer. La paida nous amène en effet inévitablement à dévoiler des
aspects de nous même que nous sommes habitués à cacher.
Nous avons pris le parti de ne jamais
forcer l’interprétation sauvage, aussi la peur de la paida s’amenuise-t-elle
avec le temps
Pourquoi
sort-t-on de l’état de jeu ?
PAIDA
L’attitude opposée existe aussi: le
volontarisme thérapeutique.
Pourquoi
sort-t-on de l’état de jeu ?
PAIDA
Exemple : J’ai eu l’expérience d’une stagiaire,
qu’on avait encouragée à travailler son clown dans une visée thérapeutique. Elle
était très réservée au début. comme je lui demandais ce qui se passait, elle me
répondit qu’elle était persuadée qu’il fallait qu’elle travaille sur son
infirmité et ça la terrorisait.
Pourquoi
sort-t-on de l’état de jeu ?
LUDUS
A l’inverse l’excès de préoccupation
technique est sûrement le plus inhibant des obstacles.
Il vaut mieux faire des erreurs techniques
en atelier et trouver des choses nouvelles que de faire une démonstration
technique qui n’apportera rien.
Ou se situer entre Paida et Ludus ?
Parabole de l’arbuste:
Une bonne taille ne suffit pas de donner
aujourd’hui à l’arbuste la forme qu’on lui souhaite pour demain, mais à prévoir
la pousse des bourgeons et la croissance à venir des branches. Pour cela il a
besoin de bourgeons : Il faut lui en laisser. Si on le taille trop fort on le
tue.
Un peu de vie dans votre art et un peu d’art dans votre vie...
Pour monter combien l’improvisation et le
développement personnel de l’acteur sont liés... un approche pratiquée par Jung
((1875-1961) psychanalyste suisse.), qui s’applique de manière particulièrement
adaptée au processus d’improvisation théâtrale. Il distingue dans la thérapie
rois moments (notions non chronologiques).
Un peu de
vie dans votre art et un peu d’art dans votre vie...
Laisser advenir (geschehenlassen)
Considérer (betrachten)
Se confronter (sish einandersetzen)
Laisser advenir
La pratique de l’improvisation théâtrale
permet d’apprendre à “laisser advenir”, c’est à dire à apprivoiser la prise de
risque : ... qui conduit l’acteur là où il ne maîtrise plus tout à fait son
expression. Cela favorise les aspects les plus riches et les plus authentiques
de la personne.
Winnicott: Dans le processus d’expression,
il plus important de se surprendre que de comprendre.
Laisser
advenir
Le jeu de l’émotion est le plus sûr garant
du “laisser advenir”: Si ma cruauté masque mon désespoir, le fait de jouer ma
cruauté m’amènera à sentir mon désespoir.
Laisser
advenir
Dans l’improvisation, on parle de soi de la
manière la plus vraie, parce qu’indirecte et symbolique. Le masque démasque.
Considérer
Le fait d’improviser sur scène et de créer
un langage qui s’adresse à l’autre, impose de devenir conscient de son jeu, d’être
présent, dans l’instant, à ses sentiments et à son corps.
En particulier dans le travail du clown, le
regard décalé du personnage nous permet de considérer des éléments que nous
avons tendance à fuir alors qu’ils paraissent évidents.
Considérer
Si l’acteur en travail d’improvisation a
une volonté active d’être conscient de son expression, de s’interroger sur
l’identité de “l’autre” à qui elle s’adresse, il donne a son acte une valeur
qui le fera progresser. Ici, le “considérer de Jung peut prendre un autre sens
: “accorder de la valeur”.
Se confronter à
Le troisième moment thérapeutique de
l’improvisation théâtrale est issu de la relation au public : c’est par cette
médiation qu’on de confronte à soi même.
Le public a un rôle qui est du même ordre
que celui du thérapeute : bienveillant et exigeant.
Se
confronter à
Peter Brook : distingue les deux sens du
mot “assister” à une représentation pour le public :
1 - Sens réceptif (le public regarde)
2 - Sens actif - Il assiste au sens
d’aider.
Peter Brook
Peter Brook est un metteur en scène, un
acteur, un réalisateur et un scénariste britannique né à Londres le 21 mars
1925.
Établi à Paris depuis 1970, il a fondé avec
Micheline Rozan le Centre International de Recherche Théâtrale, renommé Centre
International de Création Théâtrale en 1973, une troupe d'acteurs, danseurs et
musiciens de diverses nationalités avec lesquels il a longuement voyagé en
Afrique et en Asie.
Il est directeur du théâtre des Bouffes du
nord, à Paris, depuis 1974.
Se confronter
à
C’est grâce à cette assistance - des
regards, des désirs, du plaisir, de la concentration - que la répétition
devient représentation... La représentation devient “mise au présent”.
Se
confronter à
Winnicott exprime la même idée (si on
considère que le public en jeu a une fonction de thérapeute) : “La
psychothérapie s’effectue la où deux aires de jeu se rencontrent : celle du
patient et celle du thérapeute.”
Se
confronter à
Le public, dans son envie d’assister aux
grand drames de la vie, exige du personnage et donc de l’acteur une action
authentique. Cette condition pousse ce dernier à une confrontation avec lui
même.
L’acteur se confronte à lui même également
dans les relation qu’il instaure avec les autres.
Se
confronter à
Dans le travail du clown, l’acteur
s’exprime, il le sait, et il manifeste qu’il le sait. Le clown manifeste en
permanence qu’il se voit agir et ressentir.
Cette distance supplémentaire instaure un
jeu dans le jeu et accentue encore la confrontation à soi même.
Se
confronter à
C’est cette distance qui autorise la
rupture et permet de considérer une même réalité d’un autre point de vue.
Se
confronter à
Théorie du changement en psychothérapie par Paul Watzlavick (thérapie sytémique):
“Recadrer signifie donc modifier le
contexte conceptuel et/ou émotionnel d’une situation, ou le point de vue selon
lequel elle est vécue, en la plaçant dans un nouveau cadre, qui correspond
mieux aux faits de cette situation concrète dont le sens change radicalement.”
Se
confronter à
Regarder différemment notre réalité, voilà
ce que l’impro nous fait faire.
“Ce ne sont pas les choses qui troublent
les hommes mais l’opinion qu’ils en ont.”